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PVC et pierres
 
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Chantal Carrel, l'insignifiance du matériau. Plus je regarde et plus je réfléchis aux sculptures de Chantal Carrel et plus cette phrase un peu creuse me revient à l'esprit, l'insignifiance du matériau. Je veux dire par là que je ne trouve aucune clef, aucune explication, aucune entrée possible dans ce processus créatif, si je m'efforce de comprendre ou d'interpréter les matières utilisées, résines,bois, pierre,verre, qu'importe, dans le sens de leur origine,dans le sens de leur essence, dans le sens de ce qu'elles peuvent suggérer de plus immédiat. Je veux dire que le bois et la pierre ne sont pas ici de l'ordre de la nature, pas plus que les résines ne sont de l'ordre de la technique. Ce qui se joue est à l'opposé d'une réflexion sur l'environnement, l'écologie est ail
leurs. Je n'y vois rien d'autre qu'un discours sur la juxtaposition des surfaces, sur les forces en présence, sur les formes,sur la tension qui les relie et qui les sépare, rien d'autre qu'un discours sur l'envie d'être ensemble. Juste une histoire de liens. Chaque élément utilisé ne l'est que pour sa beauté er pour sa présence. Chaque matériau n'existe qu'en fonction de celui qui le touche, l'opaque et le transparent, le froid et le chaud. La forme aussi, la droite et la courbe, la flèche et la cible. Difficile d'être seul dans ce travail sur le couple. La richesse des formes n'est jamais que surfaces, le fond affleure toujours,  dans la résine translucide rehaussée de fragments, dans la chaleur des pierres, dans la blondeur du bois, la couleur de l'acier. Des volumes habités, conçus pour vivre ensemble, pour n'exister que dans cet échange de l'un vers l'autre, vers cette répulsion et cet attachement, vers cet enfermement, vers cette folie, croire que l'on peut être deux, que l'on peut mettre ensemble le ciel et la terre sans que cela se déchire, sans que jamais cela se dénoue. Montrer l'ensemble des différences, l'essentiel de chacun dans l'objet qui s'inscrit dans l'espace comme un tout indivis et multiple. Une sculpture de la dualité, de l'union et de la liberté.

Nicolas Raboud, août 2003
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